La pauvreté au Venezuela pierre.reynaud, 27 octobre 2025 INTERNATIONAL. Octobre 2025. L’horizon statistique bouge, les vies changent peu : l’Enquête nationale sur les conditions de vie (ENCOVI) 2024 atteste que l’extrême pauvreté a reculé, mais que plus de la moitié des foyers restent pauvres au sens multidimensionnel. Dans le même temps, l’inflation annuelle, retombée hors de l’hyperinflation, flirte encore avec près de 270 % sur l’année 2025 selon le FMI ; la dollarisation de fait continue de structurer les achats du quotidien, tandis que l’exode des Vénézuéliens maintient son empreinte sur toute la région. Au Venezuela, la pauvreté n’est pas une abstraction — c’est un budget, une file d’attente, une facture d’électricité, une remesa (virement de fonds) depuis l’étranger. Cet article déplie les chiffres et, plus encore, les mécanismes qui les rendent si tenaces, pour éclairer la question politique sous-jacente : de quoi, précisément, le changement doit-il être fait ? (elucabista.com) Dans un bodegón (épicerie vendant en devises), à Maracaibo, les étiquettes sont en dollars et la caisse calcule selon le taux du Banco Central de Venezuela (BCV). Un adolescent paie le lait en billet vert, une retraitée tend des bolivars ; on ajuste la conversion, on soupire, on sourit. Un peu plus loin, un petit atelier de couture accepte les remesas (transferts d’argent) comme caution, « jusqu’au prochain virement de ma fille à Lima ». La ville elle-même s’est habituée à cette arithmétique d’entre-deux — la monnaie nationale pour les salaires publics, la devise étrangère pour la viande, les chaussures, la lessive. Les chiffres de la pauvreté, ici, sont des gestes répétés : compter, recomptes, renoncer. Carte d’ensemble Le pays a changé d’échelle sociale en une décennie. Selon l’ENCOVI 2024 — l’« Encuesta Nacional de Condiciones de Vida » (Enquête nationale sur les conditions de vie) menée par l’UCAB — l’extrême pauvreté aurait reculé d’environ 14 points en un an, pour s’établir à 36,5 % des foyers à la mi-2024 ; la pauvreté par revenu, elle, toucherait encore 73,2 % des ménages, et la pauvreté multidimensionnelle — celle qui combine revenus, accès à l’eau, à l’électricité, à l’éducation, à la santé, à l’emploi — culmine à 56,5 %. L’inégalité se creuse dans le même mouvement : le coefficient de Gini, indicateur de dispersion des revenus, est remonté autour de 0,54, bien au-dessus de la moyenne régionale. À l’échelle latino-américaine, la comparaison est sévère : alors que l’extrême pauvreté régionale s’établit autour de 10,6 % en 2023, le Venezuela demeure hors des normes, avec une charge sociale qui dépasse de loin la dynamique de reprise observée ailleurs. (Bitácora Económica) La démographie redessine les cartes : l’Amérique latine et la Caraïbe abritent au moins 6,87 millions de Vénézuéliens réfugiés, migrants ou demandeurs d’asile — un quasi-pays en diaspora, qui allège et saigne la pauvreté intérieure en même temps. Dans cette réalité, l’école se vide de certaines cohortes, les quartiers se féminisent, les grands-parents deviennent chefs de famille, et les filets sociaux, déjà minces, absorbent tant bien que mal les chocs du quotidien. Les organismes humanitaires décrivent une insécurité alimentaire qui touche 40 % de la population (modérée à sévère) et des besoins d’aide urgents pour environ 4 millions de personnes. Dans l’ombre portée des statistiques, la santé publique a encaissé le choc : mortalité maternelle en hausse sur la décennie 2010, capacités hospitalières fragiles, disparités territoriales marquées. (r4v.info) Acteurs & intérêts Le premier acteur est l’État social en pointillés. Le ministère des Affaires sociales, la Banque centrale, le ministère de l’Éducation et celui de la Santé forment, avec les gouvernorats, la colonne vertébrale d’une action publique contrainte. La dollarisation de fait a érodé l’autorité du bolivar et compliqué la redistribution : salaires publics en monnaie nationale, bonos (primes) mensuels par le Sistema Patria (système de transfert), cajas CLAP (paniers alimentaires distribués par les « Comités locaux d’approvisionnement et de production ») — un montage hybride où l’État pallie sans transformer. ENCOVI relève que près de 77 % des ménages ont reçu au moins un bono (prime) en douze mois, pour un montant moyen d’environ 43 dollars par mois en 2024 ; c’est une respiration, pas une politique de sortie de pauvreté. (Bitácora Económica) Le deuxième acteur est le marché du travail tel qu’il est — fragmenté, peu formel, inégalitaire. L’ENCOVI 2024 estime le taux d’activité à 59 %, avec une participation féminine toujours inférieure à 40 % et des rémunérations privées et publiques entamées par l’inflation. Le cuentapropismo (travail à son compte) sert d’assurance-vie à beaucoup de foyers pauvres, mais l’absence de protection et de productivité suffit à expliquer que la pauvreté par revenu reste si élevée. Dans cette économie duale, l’atelier de quartier prospère quand l’électricité tient et que les importations arrivent ; il vacille au premier choc de change ou de réseau. (Bitácora Económica) Le troisième acteur est l’extérieur — créanciers, agences multilatérales, pays voisins, et, de plus en plus, la diaspora. Les remesas (transferts des migrants) structurent une partie significative de la consommation urbaine ; elles adoucissent le présent mais ne bâtissent pas l’avenir. Les organisations humanitaires (Programme alimentaire mondial, UNICEF, OPS/OMS) tentent de combler les vides : repas scolaires, dépistage nutritionnel des enfants, accès à l’eau et à l’assainissement — autant d’actions qui ne remplacent ni un budget social stable, ni un réseau d’infrastructures en état. La région, elle, compare et relativise : pendant que l’extrême pauvreté latino-américaine retombe vers les niveaux d’avant-pandémie, le Venezuela avance à contre-temps. (wfp.org) Mécanismes & contraintes Premier mécanisme : la transformation de la monnaie. Entre 2018 et 2021, deux reconversiones (reconversions monétaires) ont retranché onze zéros au bolivar et installé le « bolívar digital » (bolivar numérique). Le résultat macroéconomique — la sortie technique de l’hyperinflation — est réel ; l’effet social — la dollarisation informelle — est massif. Dans beaucoup de quartiers, les prix sont en dollars mais les salaires publics restent en bolivars, et l’indexation implicite renforce la bi-monétarité du quotidien. Sans ancrage crédible, l’inflation 2025 reste, selon le FMI, aux alentours de 270 % sur l’année — un niveau qui ronge mécaniquement les progressions enregistrées par les foyers pauvres au premier semestre 2024. (IMF) Deuxième mécanisme : les services essentiels. L’ENCOVI 2024 note que 58 % des ménages ont un accès irrégulier à l’eau potable (et 9 % disent n’en recevoir qu’une fois tous les quinze jours ou plus), que 47 % subissent des coupures d’électricité au moins hebdomadaires et que 28 % déclarent des pannes quotidiennes. La pauvreté multidimensionnelle se niche dans ces pourcentages — éducations interrompues, équipements qui lâchent, soins différés. Tant que le complexe hydroélectrique du Caroní (Guri) et les réseaux de transmission ne seront pas remis à niveau, le risque d’« amnésie statistique » guette : des gains de revenu sapés par des pertes en productivité et en bien-être. (Bitácora Económica) Troisième mécanisme : la nourriture. Le Programme alimentaire mondial estime que 40 % de la population font face à une insécurité alimentaire modérée à sévère et qu’environ 4 millions de personnes ont des besoins urgents d’aide. Les ménages pauvres arbitrent par la qualité — moins de protéines, plus de farine — et par la quantité — repas sautés, portions réduites. Quand les prix s’accélèrent ou que les importations ralentissent, la priorité devient d’« étirer » l’alimentation jusqu’à la fin du mois. La pauvreté, ici, se mesure à la longueur de la liste d’achats que l’on renonce à faire. (wfp.org) Quatrième mécanisme : l’inégalité. L’ENCOVI documente la hausse du Gini et des écarts de revenus entre déciles : le 10 % le plus pauvre perçoit en moyenne 12,5 dollars par mois quand le 10 % le plus riche dépasse 630 dollars — une différence qui, derrière sa sècheresse, dit la structure d’opportunités et l’architecture territoriale des chances. Cette polarisation est elle-même un frein à la réduction de la pauvreté : elle concentre la demande solvable, réduit l’effet multiplicateur des hausses de revenu des plus modestes et favorise une économie d’importation qui échappe aux travailleurs peu qualifiés. (Bitácora Económica) Cinquième mécanisme : la mémoire des crises. Le pays a connu le « Viernes negro » (Vendredi noir) de 1983 — fin d’un change stable —, la crise bancaire 1994-1995 et, en 2017, une défaillance sur environ 60 milliards de dollars de dette internationale — une chaîne d’événements qui a durablement affaibli l’investissement, la confiance et le crédit. L’hyperinflation 2018-2019, malgré la décrue, a laissé des « cicatrices » : désintermédiation financière, aversion au risque, budgets sociaux compressés. Réduire la pauvreté suppose de s’attaquer à ces héritages — solvabilité, courant, statistique — autant qu’aux revenus immédiats. (manifold.bfi.uchicago.edu) Trois futurs plausibles Le tamis social. Premier futur : la consolidation d’une normalisation contrainte. L’inflation décroît par paliers, la dollarisation demeure, les transferts ciblés se rationalisent, les salaires publics se recomposent avec des bonos (primes) plus prévisibles. Dans ce scénario, l’ENCOVI 2025 confirmerait une baisse graduelle de la pauvreté de revenu — vers 65-68 % — et une lente érosion de la pauvreté multidimensionnelle si l’eau et l’électricité se stabilisent. L’extrême pauvreté continuerait de reculer, sans rupture, tandis que l’inégalité se tasserait à la marge. C’est la voie du tamis : on laisse passer la reprise par en haut et l’on tente de retenir, par le maillage social, les ménages les plus exposés. Elle évite la rechute, mais elle ne reconstruit pas encore des capitaux (humain, productif) au rythme requis. (Bitácora Económica) Le tournant productif. Deuxième futur : un contrat social-productif qui conjugue stabilisation macroéconomique, investissements ciblés dans l’électricité et l’eau, et protection des revenus du bas de l’échelle par des transferts conditionnels — fréquentation scolaire, santé maternelle et infantile — inspirés des meilleures pratiques régionales. L’inflation reviendrait à deux chiffres, la productivité repartirait, la pauvreté multidimensionnelle baisserait franchement, car l’accès aux services suivrait la courbe des revenus. Ce futur — le plus exigeant — suppose des signaux politiques clairs, une coordination soutenue avec les bailleurs, une gouvernance territoriale resserrée, et une statistique publique robuste permettant de suivre, quartier par quartier, les résultats. (cepal.org) Le dérobé. Troisième futur : la rechute. Les prix accélèrent, l’électricité vacille, les vacances de sanctions se referment, les transferts perdent de leur pouvoir d’achat. Les indicateurs basculent : la pauvreté par revenu remonte, la multidimensionnelle aussi, les remesas (transferts) deviennent plus essentielles encore, et l’exode reprend. À court terme, des organisations comme le PAM et l’UNICEF étendent leurs programmes ; à moyen terme, la société s’érode — écoles, cliniques, métiers — et la pauvreté s’enracine. Ce futur n’est pas mécanique ; il est possible si la conjonction de chocs — macro, hydrologique, politique — n’est plus amortie. (wfp.org) Ce qui tranchera (indicateurs) La pauvreté par revenu. C’est l’aiguille la plus visible : 73,2 % des ménages au premier semestre 2024 selon l’ENCOVI. Un recul vers 65 % marquerait une vraie décrue ; au-delà de 75 %, on parlerait d’essoufflement. Cette courbe synthétise trois dynamiques — salaires, prix, devises — et dit la part de la population qui ne parvient pas à satisfaire ses besoins de base. (Bitácora Económica) La pauvreté multidimensionnelle. À 56,5 %, elle est le thermomètre des services : eau, électricité, santé, éducation, logement, emploi. Une baisse rapide n’adviendra que si des investissements ciblent les réseaux et les intrants — stations de pompage, lignes de transport électrique, formation d’enseignants, soins primaires. Si l’indicateur reste au-dessus de 50 %, la reprise aura été de vitrine. (Bitácora Económica) L’inflation. Sans ancrage crédible, la politique sociale patine. Le FMI situe l’inflation 2025 autour de 269,9 %. Passer sous 150 % serait un signal fort ; s’installer durablement entre 200 % et 300 % signifie que les bonos (primes) seront dévorés, que la dollarisation s’étendra, et que la pauvreté de revenu résistera. (IMF) Les services. Deux chiffres ENCOVI à suivre : 58 % d’accès irrégulier à l’eau et 47 % de ménages rapportant des coupures d’électricité hebdomadaires, 28 % quotidiennes. Si l’eau revient au robinet et la lumière se stabilise, la pauvreté multidimensionnelle baisse. Faute de quoi, elle colle. (Bitácora Económica) L’insécurité alimentaire. Le Programme alimentaire mondial parle de 40 % de la population en insécurité modérée à sévère et de 4 millions de personnes ayant des besoins urgents. Un recul net de ces pourcentages dirait l’amélioration des revenus et de la logistique alimentaire. Sans cela, la « normalisation » sera statistique davantage que nutritionnelle. (wfp.org) L’inégalité. La montée du Gini vers 0,54 signale une reprise régressive. Des politiques qui dopent le bas de la distribution — école, santé, transferts conditionnels, transports — peuvent redonner du multiplicateur à la dépense des ménages modestes et accélérer la baisse de la pauvreté. Si le Gini reste haut, l’échelle sociale se fige. (elucabista.com) La migration. Un palier dans la diaspora — aujourd’hui au moins 6,87 millions dans la région — et une remontée des retours, même modestes, valideraient l’idée d’un rétablissement crédible des opportunités domestiques. S’ils repartent, c’est que l’économie intérieure n’offre pas encore le minimum d’avenir. (r4v.info) Comparaisons régionales La pauvreté en Amérique latine recule lentement vers ses niveaux d’avant pandémie — 10,6 % d’extrême pauvreté régionale en 2023 selon la CEPAL — mais la dispersion est spectaculaire. L’Uruguay et le Chili affichaient, avant la pandémie, des pauvretés à un chiffre aux seuils supérieurs ; l’Amérique centrale compte des pays encore au-delà de 50 % pour les seuils internationaux élevés. Dans ce paysage, le Venezuela est un cas-limite : revenu sous contrainte, services fragiles, migration massive. D’autres démocraties de la région ont utilisé les transferts conditionnels — Bolsa Família au Brésil, Prospera au Mexique, Oportunidades hier — pour réduire la pauvreté sans nourrir l’inflation ; l’architecture existe, le défi est de la stabiliser au Venezuela et de l’adapter à la pluralité monétaire et à la faiblesse des services. (cepal.org) Dans la comparaison, une vigilance : la pauvreté vénézuélienne n’est pas « seulement » un problème de revenus. L’ENCOVI montre qu’en 2024, la qualité des services — eau, électricité, santé, école — dépasse le revenu comme moteur de vulnérabilité. Autrement dit, même des ménages aux revenus en dollars restent pauvres par accès : facture introuvable, pompe à sec, prof absent, rendez-vous médical lointain. C’est là que se joue le besoin de changement : passer d’un État distributeur de bonos (primes) à un État réparateur — réseaux, classe, clinique — et fiabilisateur du présent. (elucabista.com) Conclusion claire Le Venezuela connaît une accalmie relative dans la tempête : l’extrême pauvreté recule, la hyperinflation s’éloigne, l’offre de biens s’améliore dans les grandes villes. Mais les chiffres ne doivent pas tromper : plus d’un foyer sur deux reste pauvre au sens multidimensionnel, près des trois quarts sont pauvres par revenu, 40 % vivent une insécurité alimentaire modérée à sévère, l’inflation rabiote les progrès, et l’eau et l’électricité — 58 % d’accès irrégulier, 47 % de coupures hebdomadaires — tiennent encore la société par la manche. Pour sortir de cette nasse, il faut un changement qui aille au cœur des mécanismes : — rétablir une monnaie crédible ou, à défaut, une règle claire qui protège les bas revenus dans une économie bi-monétaire ; — reconstruire les services — eau, électricité, transport, santé, école — là où la pauvreté se fabrique chaque jour ; — cibler les transferts sur l’enfance et les femmes, lier l’aide à l’école et à la santé, et garantir la prévisibilité ; — mobiliser la diaspora autrement que par la consommation, en ouvrant des canaux d’investissement et de retour de compétences ; — replacer la statistique au centre, pour piloter l’action redescendue au quartier. Rien de cela n’est lyrique. C’est l’horlogerie d’un pays qui veut se remettre à l’heure de ses propres promesses. Car la pauvreté, dans la Caraïbe comme ailleurs, ne se contente pas d’un coup de barre — elle demande une main ferme sur la montre des services et une main patiente sur le budget des plus fragiles. Ce n’est qu’alors que les chiffres cesseront d’être des prouesses ponctuelles pour devenir des habitudes — celles d’une société qui fonctionne. SOURCES ENCOVI 2024 — UCAB, « Persisten pobreza, desigualdad y brechas… », 28 avril 2025. (elucabista.com) Bitácora Económica, « ENCOVI | Pobreza extrema se redujo 14 puntos… », 28 avril 2025. (Bitácora Económica) R4V (Plateforme OIM-HCR), « Refugees and Migrants from Venezuela », chiffres régionaux 2025. (r4v.info) FMI — World Economic Outlook, octobre 2025, inflation (DataMapper). (IMF) CEPAL, « The regional poverty rate… has declined to a level similar to 2014 » (2023/2024). (cepal.org) Banque mondiale, blog « Poverty in Latin America: 10 facts… » (tendances régionales). (World Bank Blogs) Programme alimentaire mondial (PAM/WFP), « Bolivarian Republic of Venezuela » — insécurité alimentaire. (wfp.org) PAHO/OPS — Health in the Americas, profil Venezuela (tendances santé). (Health in the Americas) IMF Working Paper / World Bank & sources académiques — « Banking Crises in Latin America in the 1990s » (Venezuela), 1997. (IMF) Université de Chicago / BFI, « The Case of Venezuela » (contexte du Viernes negro, 1983). (manifold.bfi.uchicago.edu) Reuters, « Venezuela bondholders… default 2017 » et suivi des créanciers (2017–2024). (Reuters) Wikipedia (usage de contexte et recoupements) — « Hyperinflation in Venezuela » (synthèse et références secondaires). (Wikipédia) Partager : Partager sur X(ouvre dans une nouvelle fenêtre) X Partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Facebook J’aime ça :J’aime Chargement… Similaire International