Les États-Unis sont-ils un pays d’analphabètes, de drogués, d’obèses et de prisonniers ? pierre.reynaud, 22 décembre 2025 INTERNATIONAL. Dans l’Amérique de 2025, les débats publics ont un goût de vertige. On parle de fentanyl, de médicaments amaigrissants, de prisons pleines, d’écoles qui peinent à remettre la lecture au centre, et d’une fatigue sociale que les statistiques rendent visible sans jamais la guérir. À l’approche de nouvelles échéances électorales et budgétaires, les mêmes questions reviennent, plus dures, plus polarisées : « Qui a été laissé derrière ? » et, surtout, « que fait-on maintenant ? » Il est tôt, dans une ville moyenne du Midwest. Dans une salle d’attente d’hôpital, un distributeur automatique clignote, promesse de sucre et de sel à toute heure. Un enfant tourne les pages d’un livre illustré, mais son doigt s’arrête souvent : il déchiffre, il hésite. Dans le couloir, une affiche de santé publique rappelle les signes d’une surdose, comme on rappelle la conduite à tenir en cas d’incendie. Plus loin, au tribunal, les dossiers s’empilent ; dans la prison du comté, on manque de personnel ; dans un supermarché, des rayons entiers sont consacrés aux produits « sans » et aux calories « contrôlées ». Et au-dessus de tout cela, l’écran permanent — celui du téléphone, celui de la télévision, celui des réseaux — qui raconte l’Amérique à l’Amérique, à coups d’indignation et de slogans. Alors la question surgit, brutale, presque obscène : « Les États-Unis sont-ils un pays d’analphabètes, de drogués, d’obèses et de prisonniers ? » Si l’on répond trop vite, on fabrique une caricature. Si l’on refuse de répondre, on abandonne le réel aux rumeurs. Il faut donc faire ce que la démocratie fait rarement en prime time : ralentir, vérifier, compter — et ramener chaque chiffre à sa proportion humaine. Carte d’ensemble Commençons par une précaution de langage. « Analphabète » évoque l’incapacité totale à lire et à écrire. Dans un pays riche, cette forme stricte est marginale ; mais il existe une autre réalité, plus vaste, plus silencieuse : la faible maîtrise de la lecture dans la vie quotidienne, celle qui rend difficile un courrier administratif, une notice médicale, un contrat, un article un peu dense. Sur ce terrain, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et les mesures liées au Programme for the International Assessment of Adult Competencies (Programme pour l’évaluation internationale des compétences des adultes), dit PIAAC, indiquent qu’en 2023 28 % des adultes américains de 16 à 65 ans se situent au niveau le plus faible (niveau 1 ou inférieur) en littératie (capacité d’une personne à lire et à comprendre un texte, lui permettant de maîtriser suffisamment l’information écrite pour être fonctionnelle en société) — autrement dit, ils comprennent des textes simples, mais peinent dès que l’information se complexifie. (GPS Éducation OECD) Dans l’enseignement scolaire, l’évaluation nationale National Assessment of Educational Progress (évaluation nationale des progrès scolaires), dite NAEP, donne un autre éclairage : en 2024, 31 % des élèves de 4e année (fin d’école primaire) atteignent ou dépassent le niveau « proficient » (maîtrise attendue) en lecture, et en 8e année (collège), 30 %. (Nations Report Card) Passons au corps. L’obésité n’est pas une injure, c’est une catégorie médicale (imparfaite, mais utile) fondée sur l’indice de masse corporelle, et elle décrit un risque accru de complications — pas une valeur morale. Pourtant, comme phénomène de population, elle dit quelque chose d’un environnement. Aux États-Unis, les données nationales indiquent une prévalence très élevée : autour de quatre adultes sur dix sont en situation d’obésité, avec une part non négligeable d’obésité sévère. (CDC) Et cette réalité n’est pas uniformément répartie : les cartes par États et par régions montrent une Amérique où le Sud et une partie du Midwest portent une charge plus lourde, tandis que certaines zones côtières et montagneuses affichent des taux plus bas. (CDC) Pour mesurer ce contraste, un simple repère international suffit : en France, l’OCDE signale une obésité adulte autour de 15 % en 2022, en hausse, mais très en dessous du niveau américain. Vient ensuite la drogue, mot-valise qui mélange usages occasionnels, dépendances, marchés illégaux, prescriptions médicales, et décès. L’indicateur le plus tragique est celui des morts. Le Centre américain de contrôle et de prévention des maladies (CDC) indique une baisse d’environ 24 % des décès par surdose sur la période de douze mois se terminant en septembre 2024, avec un niveau estimé autour de 87 000 décès sur ces douze mois. (CDC) Rapporté à la population, cela représente de l’ordre de un décès par surdose pour quelques milliers d’habitants sur un an : ce n’est pas « tout le monde », mais c’est immense à l’échelle d’un pays, et surtout concentré dans certains territoires, certains âges, certaines trajectoires. Si l’on veut un autre ordre de grandeur, plus large : les synthèses de politique publique fondées sur les grandes enquêtes américaines estiment qu’environ un Américain sur six (à partir de 12 ans) est concerné par un trouble lié à l’usage de substances au cours d’une année récente — ce qui recouvre des situations très diverses, du trouble modéré à la dépendance lourde. (CMS) Enfin, la prison. Là encore, l’image du « pays de prisonniers » n’est pas une métaphore gratuite : les États-Unis restent, de très loin, l’un des systèmes d’enfermement les plus massifs du monde développé. Pour fixer le paysage : la population carcérale « prison » (État + fédéral) est d’environ 1,254 million de personnes à la fin de 2023, en hausse par rapport à l’année précédente. (Bureau of Justice Statistics) À mi-2023, les prisons locales (jails) détiennent environ 664 200 personnes, soit un taux de 198 détenus pour 100 000 habitants, selon les tableaux statistiques officiels. (Bureau of Justice Statistics) Et l’Amérique pénale ne se résume pas aux barreaux : à la fin de 2023, environ 3,772 millions d’adultes sont sous probation ou liberté conditionnelle (parole). (Bureau of Justice Statistics) Autrement dit, le contrôle pénal s’étend comme une ombre longue, souvent invisible, dans les quartiers pauvres, les zones rurales, et les périphéries urbaines. À ce stade, une phrase s’impose, nette : non, les États-Unis ne sont pas « un pays d’analphabètes ». Oui, les États-Unis cumulent des crises de compétences, de santé et de justice à une échelle et avec une intensité qui, rapportées à la population, restent exceptionnelles parmi les pays comparables. Et ces crises ne s’additionnent pas seulement : elles s’entrelacent. Comparaisons régionales — Une nation, plusieurs climats sociaux Il faut se méfier des moyennes : elles apaisent le regard, elles maquillent la géographie. L’Amérique est fédérale, donc fracturée en politiques publiques, en budgets scolaires, en systèmes d’assurance, en lois pénales, en cultures locales. Sur l’obésité, la cartographie est parlante : les États du Sud et une partie des Appalaches affichent régulièrement des niveaux plus élevés, tandis que certaines zones de l’Ouest et du Nord-Est se situent plus bas. (CDC) On peut y lire l’empreinte d’un tissu alimentaire dominé par la fast-food (restauration rapide), d’un urbanisme qui oblige à la voiture, d’inégalités d’accès aux soins, et d’un stress social chronique. Les médicaments récents, très efficaces pour une partie des patients, ouvrent une possibilité de correction ; mais ils soulèvent un autre clivage : qui y aura accès durablement ? et à quel prix ? Sur la lecture, les écarts se voient dans les résultats NAEP par États et par grands districts urbains : certains territoires résistent mieux que d’autres, et les écarts par milieu social restent déterminants. (CNSE) Dans les classes, les enseignants décrivent souvent la même scène : des élèves intelligents, rapides, capables d’oralité, mais qui se fatiguent devant un texte long — comme si l’endurance de lecture était devenue une discipline sportive qu’on n’entraîne plus. Sur la drogue, la crise n’a pas le même visage partout. Les Appalaches ont longtemps concentré des taux de mortalité très élevés ; certaines villes ont été ravagées par les opioïdes de synthèse ; d’autres territoires voient monter les psychostimulants. Et même quand les décès baissent, la violence des marchés illégaux, la précarité, et les rechutes maintiennent une pression permanente. (CDC) Sur l’incarcération, la fracture régionale est peut-être la plus politique : les États du Sud, dans l’ensemble, incarcèrent davantage, sur des durées plus longues, avec des dispositifs de libération conditionnelle plus restrictifs. À l’échelle des États, certains cumulent des taux et des pratiques qui font de leur système pénal une industrie de gouvernement. (Prison Policy Initiative) Bref : il y a des États-Unis où l’on lit plus, où l’on marche plus, où l’on meurt moins de surdoses, où l’on enferme moins — et des États-Unis où la pente est plus raide, la vie plus courte, la seconde chance plus rare. Acteurs & intérêts — Qui tient les leviers, qui tient le récit Aucun de ces phénomènes n’est un « accident culturel ». Il y a des acteurs, des intérêts, des institutions — et parfois des impasses. Dans la lecture et l’école, l’acteur principal n’est pas Washington : ce sont les États, les districts scolaires, les municipalités, et, au quotidien, les enseignants. Le financement par l’impôt local sur la propriété fabrique mécaniquement des inégalités : école riche, quartier riche ; école pauvre, quartier pauvre. À côté, l’industrie de l’édition scolaire, le marché du soutien privé, et la galaxie des technologies éducatives prospèrent sur l’urgence — parfois pour le meilleur (tutorat ciblé), parfois pour le pire (solutions miracles, données mal utilisées). Dans la drogue, l’État fédéral, les États, les forces de l’ordre, les agences de santé et les hôpitaux se partagent une responsabilité éclatée. Les acteurs privés comptent aussi : laboratoires pharmaceutiques (histoire des prescriptions), assureurs (accès aux traitements), plateformes logistiques (flux), et, bien sûr, les organisations criminelles qui adaptent leurs produits à la demande et aux contrôles. Les associations, elles, se battent sur un terrain ingrat : distribution de naloxone, réduction des risques, accompagnement — des mots qui, selon l’endroit, déclenchent soit la compassion, soit la colère. Dans l’obésité, les acteurs sont encore plus diffus : industrie agroalimentaire, chaînes de restauration, publicité, agriculture subventionnée, urbanisme, organisation du travail, médecine, et désormais un nouveau marché pharmaceutique colossal. Le corps devient un champ économique. Le risque est simple : transformer une question de santé publique en produit de luxe, réservé à ceux qui peuvent payer un suivi et une prescription durable. Dans l’incarcération, les acteurs sont identifiables : législateurs, procureurs, juges, administrations pénitentiaires, entreprises de services, et, selon les États, opérateurs privés. Mais l’acteur le plus puissant est peut-être l’opinion publique, quand elle réclame « la sécurité » comme on réclame de l’eau — sans toujours distinguer la prévention, le soin, la police, et la prison. Les intérêts budgétaires pèsent aussi : une prison fait vivre une ville, un comté, un réseau de sous-traitants. L’enfermement devient un emploi local. Et au-dessus de ces acteurs, il y a le récit : celui qui dit que « tout est faute individuelle », ou celui qui dit que « tout est faute systémique ». Les deux simplifient. Les deux mentent un peu. La réalité est une mécanique où les choix personnels existent, mais où l’environnement social décide du prix à payer pour chaque erreur. Mécanismes & contraintes — La boucle qui relie lecture, corps, drogue et prison Pour comprendre l’entrelacement, il faut imaginer une boucle, pas une liste. La lecture, d’abord, parce qu’elle est un passeport. Dans une économie de services, de formulaires, de procédures, et de santé assurantielle, la faible littératie n’est pas un simple « niveau scolaire » : c’est une fragilité administrative. Quand on comprend mal un courrier, on rate un rendez-vous ; quand on rate un rendez-vous, on perd une aide ; quand on perd une aide, on s’épuise ; quand on s’épuise, on cherche un anesthésiant — alcool, médicaments, drogues, écrans. La lecture n’empêche pas la misère, mais elle donne des portes de sortie. Son absence les verrouille. Le corps, ensuite. L’obésité de masse n’est pas la somme de paresses individuelles : c’est le produit d’un environnement calorique constant, d’un temps rare, d’un stress élevé, et d’une activité physique devenue optionnelle. On mange vite parce qu’on travaille loin ; on travaille loin parce que le logement est cher ; le logement est cher parce que la métropole aspire les emplois ; et la voiture remplace la marche parce que la ville a été conçue pour le flux, pas pour la vie. Dans ce contexte, l’obésité devient un marqueur d’inégalité, et l’inégalité devient une maladie. La drogue s’insère comme une réponse chimique à une détresse sociale. Les surdoses, elles, disent la brutalité d’un marché : concentration extrême des produits, imprévisibilité des dosages, mélanges, isolement des consommateurs. La baisse récente des décès est une bonne nouvelle — mais elle reste fragile : elle dépend de la naloxone, de l’accès aux soins, des budgets locaux, des politiques de réduction des risques, et de l’évolution du marché illégal. (CDC) La prison, enfin, arrive souvent au bout de la chaîne, mais elle peut aussi l’entretenir. Le casier judiciaire ferme des emplois, donc augmente la précarité. La précarité augmente les infractions de survie et les addictions. Les addictions augmentent les interactions avec la police. Et la prison, en enfermant, coupe parfois les liens familiaux, déstabilise la santé mentale, et rend le retour plus difficile. Même la probation, quand elle est trop contraignante, peut devenir un piège : une obligation manquée, un test raté, une amende impayée — et l’on retombe dans le système. (Bureau of Justice Statistics) Ce n’est pas une fatalité culturelle, c’est une architecture. Et l’architecture, ça se répare — mais rarement avec un seul marteau. Trois futurs plausibles — Réparation, divergence, ou rechute Le premier futur, c’est celui de la réparation silencieuse. Il ne fait pas de beaux discours, il fait des résultats. On renforce l’apprentissage explicite de la lecture, très tôt, avec des méthodes éprouvées et du tutorat intensif. On stabilise les enseignants et on finance les écoles pauvres comme on finance un pont : parce que c’est une infrastructure. On consolide la baisse des surdoses en élargissant l’accès aux traitements de l’addiction, en diffusant la naloxone, en rendant les soins réellement accessibles, et en investissant l’argent des accords judiciaires liés aux opioïdes dans la prévention locale. On traite l’obésité comme une politique de santé, pas comme une guerre morale : nutrition, urbanisme, activité physique, suivi médical, et, oui, médicaments quand ils sont indiqués. Et côté justice, on desserre la machine : alternatives à l’incarcération pour les délits non violents, réforme des peines longues, baisse des incarcérations inutiles, et probation moins punitive. Dans ce futur-là, l’Amérique reste contrastée, mais elle cesse d’être une usine à détresse. Le deuxième futur, c’est celui des Deux Amériques. Les États et les métropoles qui ont de bons revenus, une base fiscale solide, et une culture d’investissement public progressent : meilleure lecture, meilleure santé, moins de prison. Les autres, ceux qui cumulent pauvreté, isolement rural, hôpitaux fragiles, écoles sous-financées, et politiques pénales dures, stagnent ou empirent. Les innovations — médicaments, programmes éducatifs, technologies médicales — deviennent des marqueurs de classe. L’espérance de vie, la capacité à lire un contrat, la probabilité d’une surdose, tout cela diverge comme un delta. On ne vit plus dans le même pays, même si l’on porte le même passeport. Le troisième futur, c’est celui de la rechute. Il arrive si l’on confond baisse des surdoses et fin de la crise, si l’on coupe les budgets de santé publique, si l’on politise l’école jusqu’à la paralyser, si l’on répond à l’addiction par la seule répression, et si l’on durcit la prison comme réflexe. Les marchés illégaux s’adaptent vite. Les crises économiques rendent les fragiles plus fragiles. Et la machine pénale, une fois relancée, est difficile à ralentir. Dans ce futur-là, les chiffres remontent — et le pays recommence à se raconter comme un champ de ruines, ce qui, à son tour, justifie les politiques les plus brutales. Ce qui tranchera — Les indicateurs qui diront la direction On saura assez vite quel futur prend le dessus, parce que certains indicateurs sont des aiguilles sensibles. Si la littératie adulte mesurée par le PIAAC cesse de se dégrader et commence à s’améliorer, c’est que l’école et la formation des adultes auront retrouvé une efficacité de fond. (CNSE) Si la NAEP en lecture remonte, surtout chez les élèves les plus faibles, c’est que l’Amérique aura enfin traité la lecture comme une urgence nationale et non comme un débat abstrait. (Nations Report Card) Si les décès par surdose continuent de baisser, au-delà d’un simple rebond statistique, c’est que la prévention, les soins et les politiques locales auront tenu — et que la baisse n’était pas un accident. (CDC) Si, en parallèle, la part de population concernée par des troubles liés à l’usage de substances recule, ou si l’accès au traitement augmente réellement, on aura autre chose qu’un soulagement : une trajectoire. (CMS) Si l’obésité se stabilise puis diminue, surtout dans les régions les plus touchées, cela signifiera que le pays aura commencé à changer son environnement — alimentation, activité, soins — plutôt que de demander aux individus d’être héroïques dans un monde qui ne les aide pas. (CDC) Et si l’incarcération et la probation cessent d’engloutir des millions de vies, si l’on réduit les retours en prison pour des manquements techniques, si l’on investit dans la réinsertion comme on investit dans la sécurité, alors l’Amérique prouvera qu’elle peut diminuer la prison sans augmenter la peur. (Bureau of Justice Statistics) Conclusion claire — Ni caricature, ni déni : une puissance face à ses propres dégâts Dire « pays d’analphabètes, de drogués, d’obèses et de prisonniers », c’est jeter une phrase comme un caillou, et espérer que le bruit remplacera la pensée. Les États-Unis ne sont pas un pays d’analphabètes : ils sont un pays où la faible maîtrise de la lecture touche plus d’un quart des adultes selon les mesures internationales, et où l’école peine à maintenir le niveau de lecture des enfants. (GPS Éducation OECD) Les États-Unis ne sont pas un pays de « drogués » : ils sont un pays où la crise des substances a produit des dizaines de milliers de morts par an, même si la courbe récente baisse — et où une part importante de la population connaît, à un moment, un trouble lié à l’usage. (CDC) Les États-Unis ne sont pas un pays « d’obèses » : ils sont un pays où l’environnement rend l’obésité massivement probable, et où l’inégalité se lit dans les corps. (CDC) Les États-Unis ne sont pas un pays « de prisonniers » au sens où tout le monde serait enfermé : mais ils sont un pays où la prison et la probation forment un continent social — vaste, durable, et très inégalement réparti. (Bureau of Justice Statistics) La question, au fond, n’est pas de juger l’Amérique comme on juge un personnage. La question est plus simple et plus exigeante : une grande puissance peut-elle, enfin, réparer ses propres dégâts sans transformer chaque réparation en guerre culturelle ? Les chiffres disent que le problème est réel. L’avenir dira si le pays accepte de répondre par autre chose que des slogans : des écoles qui apprennent à lire, des villes qui permettent de vivre, une santé publique qui n’a pas honte, et une justice qui protège sans dévorer. SOURCES Highlights of the 2023 U.S. PIAAC Results (NCES, enquête PIAAC). (CNSE) United States — Adult skills (OCDE, profil PIAAC 2023 : littératie niveau 1 ou inférieur). (GPS Éducation OECD) Survey of Adult Skills 2023: United States (OCDE, note pays). (OECD) Explore Results for the 2024 NAEP Reading Assessment (NAEP, lecture grades 4 et 8). (Nations Report Card) CDC Reports Nearly 24% Decline in U.S. Drug Overdose Deaths (CDC, communiqué 2025). (CDC) Reuters — US drug overdose deaths drop to lowest levels since June 2020, CDC data shows (contexte et chiffres clés). (Reuters) CDC — Provisional Drug Overdose Death Data / NVSS (notes méthodologiques et séries provisoires). (CDC) CDC — Adult obesity prevalence by state / BRFSS (cartographies et disparités). (CDC) BJS — Prisons Report Series: Preliminary Data Release, 2023 (population carcérale prison). (Bureau of Justice Statistics) BJS — Jail Inmates in 2023 – Statistical Tables (population en jails et taux). (Bureau of Justice Statistics) BJS — Probation and Parole in the United States, 2023 (population sous supervision). (Bureau of Justice Statistics) OCDE — Country Health Profile 2025: France (repère obésité France). Partager : Partager sur X(ouvre dans une nouvelle fenêtre) X Partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Facebook J’aime ça :J’aime Chargement… Similaire États-Unis International