Comment soigne-t-on les grands brûlés en France ? pierre.reynaud, 12 octobre 2025 FRANCE. Le 21 août 2024, l’explosion d’un immeuble à Grasse mobilise un dispositif ORSEC-NOVI (plan d’urgence « nombreuses victimes »). Plusieurs patients sont évacués vers des Centres de traitement des brûlés (CTB) en Île-de-France et en Provence. Les images tournent vite ; la mécanique, elle, est plus lente et plus exigeante. Le soin des grands brûlés est une course d’endurance qui commence dans les minutes suivant l’accident et se poursuit durant des mois, parfois des années. Définitions. Grand brûlé : patient présentant une brûlure grave par son étendue (Surface corporelle totale brûlée, SCTB), sa profondeur (2ᵉ degré profond ou 3ᵉ degré), sa localisation (visage, mains, périnée, articulations, voies aériennes), ou son contexte (inhalation de fumées, polytraumatisme, comorbidités). Centre de traitement des brûlés (CTB) : structure hospitalière autorisée, disposant sur le même site d’unités de réanimation, de chirurgie, d’isolement, d’un bloc et d’une filière de rééducation adaptées, y compris pédiatrique lorsque mentionné. 49.3 n’a ici aucune place : on parlera plutôt de Parkland (formule initiale de remplissage), de Lund-Browder (carte d’estimation de la SCTB), et de escarrotomies (incisions de décharge). Problématique. La France dispose d’un réseau reconnu de CTB, mais il reste contraint par les lits, les personnels, la formation continue et la coordination territoriale — comment soigner vite, bien, partout, des adultes et des enfants, dans un contexte de tensions hospitalières et de risques accrus (domicile, industrie, feux de végétation) ? Annonce de plan. I — La France réelle 2025 : volumes, carte, acteurs, goulets. II — Mécanismes français (droit, finance, technique). III — Scénarios 2030/2040/2050 (Bas/Central/Haut). IV — Comparaisons & cas français. V — Feuille de route (0 → 1 → N). I — La France réelle : état des lieux 2025 Transition — On commence par le terrain : qui soigne, où, avec quelles contraintes mesurées. Carte d’identité du problème Chaque année, plusieurs centaines de milliers de brûlures nécessitent un soin médical en France ; entre 10 000 et 13 000 séjours hospitaliers sont observés selon les millésimes, dont une fraction en CTB. La létalité intra-hospitalière globale se situe autour de 1,5–3 % selon la gravité et l’âge ; elle dépasse 30 % pour des brûlures très étendues (> 30 % de SCTB) chez les plus fragiles. Les enfants représentent une part significative des admissions, avec un profil lésionnel dominé par l’ébouillantement domestique. Les tendances sont stables côté volumes, mais les cas complexes (inhalation, comorbidités) pèsent davantage sur les lits de soins critiques. La France métropolitaine compte une vingtaine de CTB adultes, plusieurs unités mixtes ou pédiatriques (Paris-Trousseau, Lyon, Nantes, Nancy, Toulouse, Marseille, Saint-Louis, Percy-Clamart pour les brûlés lourds y compris militaires). Tous ne disposent pas du même nombre de lits « iso-pression » ni des mêmes ressources de bloc intégré. L’Outre-mer ne possède pas systématiquement de CTB complet ; les cas sévères sont transférés vers l’Hexagone par vols médicaux, avec un coût logistique et humain élevé. Institutions & compétences : qui décide quoi ? État. Ministère de la Santé et de la Prévention : définition des autorisations d’activité ; pilotage des plans d’urgence sanitaire ; allocations budgétaires spécifiques. DGS (Direction générale de la santé) : veille sanitaire, doctrine de prise en charge, plans canicule/incendies. DGOS (offre de soins) : autorisations, structuration des filières, répartition des lits critiques. DGSCGC (sécurité civile, Intérieur) : doctrine opérationnelle ORSEC-NOVI, coordination sapeurs-pompiers/SAMU. DGAC (Aviation civile) : logistique des évacuations sanitaires longues distances. Régulateurs/Autorités. HAS (Haute Autorité de santé) : référentiels de qualité, certification des établissements. ARS (Agences régionales de santé) : planification régionale, autorisations, coordination inter-établissements, financement complémentaire. ANSM : sécurité des médicaments et dispositifs (pansements, enzymes de débridement, substituts dermiques). CNIL/ARCOM/ARCEP (selon thématiques de télémédecine et dossiers partagés). Agences/Opérateurs. SAMU-SMUR : triage primaire, intubation précautionnelle, remplissage initial, orientation CTB. CHU/CH siège de CTB** : réanimation brûlés, chirurgie, anesthésie-réanimation, kinésithérapie, ergothérapie, psychotrauma. CRRA 15 : régulation médicale ; associations agréées (protection civile, Croix-Rouge) en soutien logistique et post-urgence. Armées (HIA Percy) : expertise trauma-brûlés, retours d’expérience déploiements extérieurs. Collectivités. Régions/Départements/Communes : prévention incendies domestiques, habitat indigne, contrôles établissements recevant du public (ERP), soutien aux unités de sapeurs-pompiers. Préfectures : déclenchement ORSEC-NOVI, coordination inter-services. Goulets d’étranglement (cinq nœuds) Lits de soins critiques spécialisés : nombre réduit, taux d’occupation élevé en période estivale et lors des grands sinistres. Personnel qualifié : infirmier·es expérimenté·es en isolement, anesthésistes-réanimateurs, chirurgiens plasticiens brûlologues, kinés/ergos pédiatriques ; turn-over et usure professionnelle. Transferts : fenêtres de transport serrées pour les brûlés instables ; rareté des vecteurs longue distance (pédiatrie incluse). Matériels/consommables : pansements avancés, enzymothérapies, substituts dermiques, lasers, pression négative ; tension d’approvisionnement possible. Aval rééducation : places spécialisées limitées, surtout pour les enfants (attelles, pressothérapie, soins psychologiques prolongés). II — Mécanismes français (droit, finance, technique) Transition — Le soin des brûlés repose sur un droit précis, des flux budgétaires identifiés et des chaînes techniques sensibles. Droit & normes Code de la santé publique (CSP) : l’activité « traitement des grands brûlés » est soumise à autorisation. Le texte impose la présence coordonnée, sur un même site, des moyens de réanimation, de chirurgie spécifique et d’accès au bloc 24/7 ; l’autorisation précise si l’activité concerne adultes, enfants, ou mixte. Circulaires d’organisation (ministère, DGOS) : cadrage des structures, conventions SAMU–CTB, modalités d’orientation et de transfert inter-régional. Plans ORSEC-NOVI : doctrine préfectorale en cas d’événements à nombreuses victimes ; articulation COS/DSM (Commandant des opérations de secours/Directeur des secours médicaux), Poste médical avancé (PMA), triage, évacuations dirigées. Référentiels cliniques : recommandations de sociétés savantes (Société française d’anesthésie-réanimation, Société francophone de brûlologie, European Burns Association), dont critères d’adressage en CTB. Budgets & flux Financement MCO (Médecine-Chirurgie-Obstétrique) via la tarification à l’activité (T2A) et ses GHS (Groupes homogènes de séjours) : séjours longs, actes multiples, surcoûts infectieux ; les tarifs annuels évoluent faiblement, alors que les consommables de pointe renchérissent. Soins critiques : dotations complémentaires et missions d’intérêt général (MIG) peuvent soutenir les CTB, notamment pour l’isolement et les astreintes. Réadaptation : Soins médicaux et de réadaptation (SMR) spécialisés, parfois sous-dotés, essentiels pour réduire les séquelles fonctionnelles et esthétiques. Transport : coût élevé des évacuations sanitaires inter-régionales et Outre-mer → Hexagone ; recours au Fonds d’intervention régional (FIR) et à des lignes budgétaires spécifiques. Chaînes techniques (filières, dépendances) Alliance pansements/enzymes/excision-greffe : montée en puissance des débridements enzymatiques et des substituts dermiques ; dépendance partielle à des fournisseurs étrangers. Bloc intégré : chambres réanimatoires transformables en salles opératoires pour limiter les mobilisations et l’asepsie rompue. Télémédecine : avis à distance entre CTB et hôpitaux non spécialisés pour tri « voir-et-orienter » rapide. Pédiatrie : gabarit vasculaire, risque d’hypothermie, calculs de remplissage spécifiques ; nécessité d’équipes dédiées et de rééducation « ludifiée ». Distinctions clés État / Régulateur : ministère (pilotage) ≠ HAS/ARS (qualité/autorisation). Compétence / Niveau : doctrine nationale ≠ mise en œuvre préfectorale et hospitalière. Investissement / Fonctionnement : chambres iso-pression, blocs intégrés (CAPEX) ≠ consommables, astreintes, rééducation (OPEX). Besoin / Usage : avoir des lits ≠ pouvoir mobiliser des équipes 24/7 ; la ressource rare est humaine. Survie / Qualité de vie : sauver ≠ reconstruire ; la réussite se mesure à 18–24 mois. Objection forte & réponse conditionnelle Objection. « Nous avons déjà des CTB ; le problème est marginal. »Réponse conditionnelle. C’est vrai pour la capacité nominale, faux pour la résilience. Trois conditions doivent être réunies : (1) lits de soins critiques opérationnels (personnels complets), (2) aval de rééducation réservé aux brûlés sévères, (3) logistique de transfert sécurisée, y compris Outre-mer. Sans ce triptyque, un afflux moyen peut saturer la filière et dégrader les résultats. III — Scénarios France 2030/2040/2050 (Bas / Central / Haut) Transition — On projette l’avenir pour dimensionner l’effort : lits, équipes, équipements, budgets. Hypothèses (tableau) Paramètre203020402050NoteAdmissions hospitalières brûlures/an11–13 k11–12 k10–12 kprévention vs. vieillissementPart CTB des séjours (%)40–5045–5550–60montée du tri et des transfertsPart pédiatrique (%)25–3022–2820–26prévention domestiqueLits critiques CTB (métropole)250–280270–300280–320selon investissementsDensité soignants CTB (ETP/lit)6,0–7,56,5–8,07,0–8,5iso-pression 24/7Délais de transfert inter-régional (h)6–186–124–10flotte sanitaire, coordinationCoût consommables/patient sévère (€)8–20 k9–22 k10–25 kpansements, substituts Projection par décennie (capacités/ressources) IndicateurBasCentralHautArchitecture filièrestatu quo + ajustementsrenforcement CTB + télémédecineréseau CTB « hub-and-spoke » + bloc intégréLits critiques CTB (France)250285320Chambres intégrables en bloc20 %35 %50 %Temps moyen vers CTB (h)10–168–126–10Réadaptation dédiée (places/an)7001 0001 400Taux greffes/Brûlures profondes70–75 %75–80 %80–85 %Séjours pédiatriques en CTB (%)607080 Coûts (CAPEX/OPEX) par scénario ; financements CAPEX : modernisation 15–30 CTB (chambres iso-pression, flux d’air, robotique de pansements, blocs intégrés). Ordre de grandeur : 8–12 M€ par CTB équipé ; scénario Central 250–350 M€ sur 10 ans ; scénario Haut 400–600 M€ avec maillage Outre-mer (îlots de stabilisation + vecteurs). OPEX : renforts d’équipes (soignants, kinés, ergo, psychologues), consommables avancés, astreintes ; Central : +60–90 M€/an ; Haut : +120–160 M€/an. Financements : ONDAM hospitalier, MIG « brûlés », FIR ARS, appels d’offres européens (sécurité civile, rescEU pour vecteurs), mécénat hospitalier ciblé. Impacts & risques Survie : baisse de la létalité spécifique si transferts plus rapides et blocs intégrés. Qualité de vie : réduction des contractures, meilleure insertion scolaire/pro et moins de syndromes de stress post-traumatique avec renforts psy. Équité territoriale : dépend de la télémédecine, des conventions inter-régionales et de la capacité Outre-mer. Risques : pénurie d’infirmier·es spécialisés, dépendance à quelques fournisseurs, aléas feux de forêt et industriels. Tests de sensibilité (±10–20 %) –20 % de personnels → temps de rotation des lits +25 %, délais de transfert +20 %. +20 % de coûts consommables → OPEX +6–8 % ; arbitrages greffe/substituts dermiques. –10 % de places de rééducation → ré-hospitalisations +8–12 % à 12 mois. IV — Comparaisons & cas français Transition — On regarde ailleurs pour garder l’essentiel : ce qui se transpose, ce qui ne se transpose pas. Benchmarks (UE/OCDE) Allemagne : réseau dense, forte régionalisation, censure constructive inconnue ici mais culture du contrat utile pour les parcours. Ce qui se transpose : télémédecine d’expertise et blocs intégrés. Non transposable tel quel : financement fédéral et normes Länder. Royaume-Uni : Major Trauma Networks et centres brûlés hub-and-spoke ; critères d’adressage stricts, audit régulier. Transposable : audit qualité national et burn registry ; moins transposable : organisation NHS centralisée. Pays-Bas : maillage compact, transfert rapide par hélico, culture d’évaluation continue. Transposable : protocoles nationaux unifiés et astreintes mutualisées ; limites : géographie plus favorable. Espagne : dispersion géographique, montée de la coordination inter-régionale ; prévention domestique puissante. Transposable : campagnes ciblées enfants ; à adapter : disparités régionales de moyens. Études de cas françaises Chambre-bloc intégrée (AP-HP, Saint-Louis) : diminution des mobilisations, meilleure asepsie, enchaînement « débridement–autogreffe » dans la même salle. Leçon : CAPEX élevé, gain opérationnel net. Transferts Outre-mer → métropole : fenêtres météo/logistiques serrées, coordination SAMU/armées ; réchauffement actif et ventilation sécurisée pour éviter l’aggravation. Leçon : besoin d’îlots de stabilisation spécialisés au départ. Pédiatrie Paris-Trousseau : expertise reconstructrice et rééducation précoce ; forte demande territoriale. Leçon : filière « jeu-soin » et écoles hospitalières améliorent l’adhésion et l’autonomie. V — Feuille de route France (0 → 1 → N) Transition — Du constat aux actes : sécuriser l’amont, fiabiliser le cœur, ouvrir l’aval. Pilote 12–24 mois (0 → 1) Objectifs mesurables Télétriage CTB 24/7 : plateforme nationale avec astreinte brûlologique (adultes/pédiatrie) ; délai avis < 20 min. Chambres intégrables en bloc : 10 CTB pilotes équipés (au moins 2 chambres-bloc par site). Réadaptation dédiée : +200 places/an ciblées brûlés, dont 30 % pédiatriques ; conventions avec écoles hospitalières. Transferts ultramarins : protocole type (stabilisation, matériel, vecteurs) et financement FIR dédié. Gouvernance : Comité national brûlés (DGOS, DGS, DGSCGC, ARS pilotes, sociétés savantes, associations de patients). Indicateurs publiés trimestriellement. Sites de test : 5 régions métropolitaines + 2 territoires ultramarins ; convention PMA–CTB ; exercices ORSEC-NOVI intégrant « lot brûlé ». Déploiement (5/10/20 ans) : jalons 5 ans : généralisation de la plateforme télémédecine à tous les CTB ; 35 % des chambres CTB « intégrables » ; audit national annuel des délais CTB ; création d’un registre national des brûlés. 10 ans : réseau hub-and-spoke opérationnel (1 hub par grande région) ; contrats de filière ARS-CTB-SMR ; 70 % des enfants sévères pris en charge en CTB pédiatrique/mixte. 20 ans : résilience mass casualty consolidée (exercices inter-régionaux, mutualisation européenne) ; mortalité spécifique en baisse mesurée, qualité de vie à 24 mois publiée. KPI (8 max) Délai avis CTB (min) — mensuel — alerte > 30. Temps d’arrivée en CTB (h, médiane) — trimestriel — alerte > 12 métropole / > 24 Outre-mer→Hexagone. Taux de lits critiques CTB opérationnels (%) — mensuel — alerte < 85 %. Part des chambres « intégrables bloc » (%) — annuel — ambition ≥ 35 % à 10 ans. Places SMR brûlés dédiées (nb/an) — semestriel — ambition ≥ 1 000 à 10 ans. Létalité brûlés ≥ 20 % SCTB (%) — annuel — alerte > 12 % (adultes) ; > 5 % (enfants) hors comorbidités majeures. Jours d’école hospitalière pédiatrique (nb/patient) — annuel — ambition ≥ 20. Exercices NOVI avec « lot brûlé » (nb/an) — annuel — ambition ≥ 8 régions/an. Calendrier réglementaire Décrets d’application (DGOS) : consolidation des critères d’autorisation CTB (chambres intégrables, astreintes, télémédecine) ; publication au Journal officiel. Arrêtés de financement (ATIH/Ministère) : MIG « brûlés » revalorisée ; ligne FIR transferts Outre-mer. Instruction interministérielle (Intérieur/Santé) : doctrine ORSEC-NOVI complétée par un module brûlés (triage, pansements, réchauffement, brancardage). Contrats ARS-établissements : engagements pluriannuels de moyens (lits, personnels, rééducation). Référentiels HAS : ajout d’exigences de qualité sur la rééducation brûlés et la continuité psychologique. Clauses stop-go & réversibilité Stop : si taux de lits CTB opérationnels < 80 % sur 3 mois, redéploiement prioritaire de personnels et gel des admissions non urgentes. Go : si délais CTB < 8 h (métropole) et < 20 h (Outre-mer→Hexagone) sur 12 mois, passage à la phase « N » avec extension des chambres-bloc et du registre. Réversibilité : en cas de tension extrême consommables, bascule protocolaire vers des filières « pansements alternatifs » validées par l’ANSM/HAS. Ce qu’on sait / Ce qu’on ignore Ce qu’on sait. L’activité « grands brûlés » est autorisée et normée ; la France dispose d’environ vingt CTB, avec des unités pédiatriques dédiées ou mixtes. Les volumes annuels d’hospitalisations oscillent autour de 10–13 000, pour une létalité globale faible mais des mortalités spécifiques élevées dans les cas très étendus et/ou inhalation. Le financement T2A ne couvre que partiellement les surcoûts de consommables et d’astresintes ; la rééducation spécialisée conditionne l’autonomie à 12–24 mois. Les plans ORSEC-NOVI existent et s’exercent. Ce qu’on ignore. Le nombre précis et opérationnel de lits CTB disponibles jour-J ; la part réelle des patients graves pris en charge hors CTB faute de lits ; la « chute » de parcours à l’aval (SMR, santé mentale) ; la robustesse logistique Outre-mer en saison cyclonique ; l’impact à long terme des nouveaux débridements enzymatiques sur les durées de séjour et les greffes. Hypothèses clés du modèle HypothèseValeurJustificationCTB métropole~20 siteséquilibre expertise/temps de transportChambres « intégrables »20 → 35 → 50 %gains asepsie et flux opératoiresAvis CTB< 20 minéviter retards de triageArrivée CTB< 12 h métropolebénéfices sur remplissage et ventilationRééducation dédiée700 → 1 000 → 1 400 places/anlimiter séquelles fonctionnellesOPEX consommables+6–8 %/antechnologies et substituts dermiquesOutre-merprotocole + vecteurs dédiéséquité et sécurité des transfertsRegistre nationalobligatoirepilotage par données réelles Trois indicateurs à surveiller Temps d’arrivée en CTB : délai « accident → lit CTB » (médiane et 90ᵉ percentile). Seuils : < 8 h métropole ; < 20 h Outre-mer→Hexagone. Source : ARS/SAMU/CTB. Lits CTB opérationnels : part de lits critiques réellement armés (personnel et matériel). Seuil : ≥ 85 %. Source : ARS/DGOS. Létalité brûlés ≥ 20 % SCTB : taux par classe d’âge, hors comorbidités majeures. Seuils : < 12 % adultes ; < 5 % enfants. Source : registre national des brûlés/HAS. Lexique (10 termes) SCTB : Surface corporelle totale brûlée, en pourcentage, estimée par Lund-Browder (enfants) ou « règle des 9 » (adultes). Inhalation : lésion thermique/chimique des voies aériennes et pulmonaires par fumées ; majore mortalité. Escarrotomie : incision de décharge des tissus nécrosés, pour restaurer la ventilation ou la perfusion. Débridement enzymatique : élimination sélective des tissus morts par enzymes ; alternative ou complément à l’excision chirurgicale. Substituts dermiques : matrices biosynthétiques servant de support à la régénération cutanée. Pressothérapie : vêtements compressifs pour remodeler les cicatrices hypertrophiques. Iso-pression : chambre à pression d’air contrôlée ; limite les infections. PMA : Poste médical avancé ; triage et stabilisation sur site lors d’événements à nombreuses victimes. SMR : Soins médicaux et de réadaptation ; étape déterminante après la phase aiguë. Hub-and-spoke : modèle « noyau et rayons » ; un centre expert (hub) appuie des hôpitaux partenaires (spokes). Conclusion Rappel. Soigner un grand brûlé, adulte ou enfant, c’est orchestrer une chaîne très technique : triage précoce, voies aériennes sécurisées, remplissage précis, débridement raisonné, support infectieux, greffe quand nécessaire, puis rééducation longue et soutien psychique. La France possède les briques, mais l’assemblage reste fragile : lits humains plus que lits matériels, aval de rééducation, transferts ultramarins. Chemin. Nous avons dressé l’état des lieux (I), décrit le droit, les budgets et la technique (II), proposé trois trajectoires chiffrées (III), comparé nos pairs et nos propres cas (IV), et balisé une feuille de route de 24 mois à 20 ans (V). La thèse est simple : un réseau CTB modernisé, piloté par des données et adossé à une rééducation robuste, sauve plus vite et reconstruit mieux. Phrase finale. Il faut que la brûlure cesse d’être un destin : un système lisible, réactif et juste en fait une épreuve que l’on traverse — et dont on revient. SOURCES Sources primaires (France) Code de la santé publique — Section « Traitement des grands brûlés » (R.6123-111 à R.6123-115) — Légifrance — (https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006072665/LEGISCTA000006190818/) — Consulté le 12/10/2025 Circulaire DHOS/O4 n° 2007-391 relative aux activités de soins de traitement des grands brûlés — Ministère de la Santé — (https://affairesjuridiques.aphp.fr/textes/circulaire-dhoso4-n-2007-391-du-29-octobre-2007-relative-aux-activites-de-soins-de-traitement-des-grands-brules/) — Consulté le 12/10/2025 Prise en charge du brûlé grave à la phase aiguë (adulte et enfant) — Société française d’anesthésie-réanimation (SFAR) — (https://sfar.org/prise-en-charge-du-brule-grave-a-la-phase-aigue-chez-ladulte-et-lenfant/) — Consulté le 12/10/2025 Tarifs hospitaliers 2025 — ATIH (Agence technique de l’information sur l’hospitalisation) — (https://www.atih.sante.fr/actualites/tarifs-hospitaliers-2025) — Consulté le 12/10/2025 L’activité et les capacités d’accueil en soins critiques — 2023 — DREES — (https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/sites/default/files/2025-07/ES%202025%20-%20Fiche%2017%20-%20L%27activit%C3%A9%20et%20les%20capacit%C3%A9s%20d%27accueil%20en%20soins%20critiques.pdf) — Consulté le 12/10/2025 Hospitalisations pour brûlures — données hospitalières 2008 (méthodes) — Santé publique France — (https://www.santepubliquefrance.fr/content/download/184994/2314606) — Consulté le 12/10/2025 Les victimes de brûlures : patients hospitalisés en France (2011) — Bulletin épidémiologique hebdomadaire — (https://beh.santepubliquefrance.fr/beh/2016/5-6/2016_5-6_2.html) — Consulté le 12/10/2025 Centre de traitement des brûlés — HIA Percy — Ministère des Armées — (https://www.hiapercy.sante.defense.gouv.fr/nos-services-et-specialites/centre-de-traitement-des-brules/) — Consulté le 12/10/2025 Centre de traitement des brûlés — AP-HP Saint-Louis, 10 ans — AP-HP — (https://www.aphp.fr/actualites/centre-de-traitement-des-brules-de-lap-hp-10-ans-de-prouesses-medicales-et-de-prise-en) — Consulté le 12/10/2025 Réanimation pédiatrique des brûlés — Hôpital Armand-Trousseau (AP-HP) — (https://www.sante.fr/centre-hospitalier-regional-chr/paris/hopital-trousseau-ap-hp/reanimation-pediatrique-des-brules) — Consulté le 12/10/2025 Liste des Centres de traitement des brûlés français et transfrontaliers — EST-RESCUE / SFAR — (https://est-rescue.fr/files/pos/brules_liste-des-centres-de-traitement-des-brules-francais-et-transfrontaliers.pdf) — Consulté le 12/10/2025 Plan ORSEC-NOVI (plan NOVI) — Ministère de l’Intérieur (synthèse Wikipédia FR, à recouper avec circulaires préfectorales) — (https://fr.wikipedia.org/wiki/Plan_Novi) — Consulté le 12/10/2025 UE / Internationales European Practice Guidelines for Burn Care — Version 4 (2017) — European Burns Association — (https://www.euroburn.org/wp-content/uploads/EBA-Guidelines-Version-4-2017.pdf) — Consulté le 12/10/2025 EBA Guidelines — Management of Burn Mass Casualty Incidents (2023) — Burns / European Burns Association — (https://www.euroburn.org/wp-content/uploads/EBA-guidelines-management-burn-mass-casualty-incidents.pdf) — Consulté le 12/10/2025 WHO — Burns (Fact Sheet, 13 Oct 2023 ; registry & prevention) — Organisation mondiale de la santé — (https://www.who.int/news-room/fact-sheets/detail/burns) — Consulté le 12/10/2025 Wildfires — EU Civil Protection / rescEU (prépositionnements 2025) — Commission européenne — (https://civil-protection-humanitarian-aid.ec.europa.eu/what/civil-protection/wildfires_en) — Consulté le 12/10/2025 Académiques & think tanks Le Floch R. et al. — « Hospitalisations pour brûlures en France. 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